Pourquoi faire une coronarographie ?

La coronarographie est réalisée sur prescription médicale, pour établir un diagnostic précis de l’état des vaisseaux qui alimentent le cœur (artères coronaires). C’est l’examen de référence pour le diagnostic de la maladie athéromateuse coronaire (responsable de l’angine de poitrine, de l’infarctus du myocarde ou de la mort subite). Le médecin réalisant l’examen peut voir des rétrécissements, des sténoses parfois des occlusions (artères obstruées) sur les artères du cœur.  Dans certains cas, il peut y avoir des doutes sur le caractère significatif du rétrécissement, le cardiologue interventionnel possède d’autres « outils » pour évaluer l’artère malade (la FFR, l’échographie endocoronaire ou l’OCT).

La coronarographie est un examen de radiologie interventionnelle réalisé dans une salle radiologique dédiée comprenant un équipement de cinéangiographie cardiovasculaire composé :

  • d’un générateur de rayons X (RX),
  • d’un collimateur de RX,
  • d’un filtrage du faisceau de RX,
  • d’un amplificateur d’images triple champ,
  • d’une caméra haute performance,
  • d’un tube de RX
  • et enfin d’un système informatique permettant de convertir les fichiers DICOM en images.

Afin de visualiser les artères coronaires, on injecte dans celles-ci,  un produit de contraste opaque aux rayons X à l’aide d’un cathéter spécifique (appelé plus communément sonde), après avoir ponctionné une artère radiale (poignet), humérale (pli du coude) ou fémorale (pli de l’aine)). La progression du produit de contraste est filmée, enregistrée à l’aide de l’équipement radiologique et ensuite stockée sur un support numérique.

Environ 250000 coronarographies ont été réalisées en France en 2000, cet examen pratiqué dans des conditions de sécurité optimale est responsable de moins de 1% de complications, allant de l’ecchymose au point de ponction vasculaire en passant par l’accident vasculaire cérébral (1 pour 1000) jusqu’au décès (1 pour 10000).  Dans les centres expérimentés comme le notre ces chiffres sont encore plus faibles.

A l’issue de la coronarographie, une décision thérapeutique sera prise pouvant aller de l’absence de traitement, au traitement médical, à l’angioplastie coronaire (mise en place d’un stent au niveau de l’artère ou des artères malades) jusqu’au pontage aorto-coronarien.

67164184 - monitors with scanner image of heart arteries and heartbeat during non-invasive surgery in hospital.
36606619 - bangkok,thailand-february:16, 2015:the doctor and staff are treating with angiography,this is a medical imaging technique used to visualize the inside of blood vessels

L’examen se déroule dans un environnement stérile. L’examen est réalisé par une équipe se composant d’un médecin et de deux infirmiers/infirmières.

L’équipe réalisant l’examen sont protégés des rayons X par un tablier plombé.

Le patient est installé en décubitus dorsal sur la table d’examen. Le poignet (droit en général) ainsi que les plis inguinaux sont désinfectés.

Des patchs sont collés sur sa poitrine pour enregistrer son rythme cardiaque pendant la procédure (ECG) puis il est recouvert d’un champ stérile.

Les opérateurs médicaux et paramédicaux participant à l’examen se sont soigneusement désinfectés les mains puis s’habillent de façon stérile.

L’anesthésiste procède à la relaxation du patient par injection intraveineuse de médicaments « décontractants ».  Il s’assure du confort du patient pendant toute la procédure et  ajuste ses traitements à sa demande ou à celle du cardiologue interventionnel.

Après réalisation de l’anesthésie locale au point de ponction, le cardiologue interventionnel repère l’artère et la ponctionne. Il met en place un désilet (système étanche permettant l’accès permanent à l’artère).

La sonde ou les sondes de coronarographie sont ensuite positionnées dans les différentes artères coronaires sous contrôle visuel.

Plusieurs acquisitions sont réalisées, grâce à une injection de produit de contraste. L’arceau de radiologie est positionné suivant des angles de rotation définis par l’opérateur permettant de visualiser les artères coronaires et leurs éventuelles sténoses.

Un CD de l’examen sera gravé et remis au patient à sa sortie.

En fin d’examen, la sonde est retirée, puis le désilet.  Si l’examen a été effectué par le poignet, l’artère ponctionnée est comprimée par un bracelet permettant la cicatrisation du point d’entrée au bout de 4 heures.

Si l’examen a été fait par voie fémorale, l’artère peut être comprimée manuellement ou par un système de fermeture permettant la cicatrisation du point de ponction.

La durée de la procédure est habituellement, de l’entrée à la sortie de la salle d’examen, de 15 à 20 minutes.

Le patient est informé de la conduite à tenir après l’examen et des résultats préliminaires. Il est installé dans son lit et conduit en salle de réveil en attendant d’être conduit dans son service d’origine.

Pour les patients allergiques aux produits de contraste, la coronarographie n’est pas une contre indication absolue, il suffit de préparer les patients 48 heures auparavant par des médicaments anti allergiques.

Pour les patients ayant une insuffisance rénale, l’iode utilisé pour la coronarographie est toxique mais peut être réalisée avec certaines précautions : il faut bien hydrater les patients, adapter la dose d’iode en fonction de l’insuffisance rénale et parfois avoir recours à certains appareils de filtration.

Certains patients diabétiques prennent des médicaments qu’il faudra stoppé le jour de l’examen et ne reprendre qu’après 48 heures sous peine de complications graves. Ces médicaments font partis de la classe des biguanides.

La procédure se réalise habituellement en ambulatoire.

Il existe des structures d’hospitalisation dédiées qui permettent l’entrée et la sortie des patients le jour même de la coronarographie.  L’examen peut être fait aussi bien le matin que le soir. Le patient doit être à jeun 12h avant sauf urgence.

La procédure étant généralement encadrée par une sédation légère afin de faire disparaître tout stress, toute anxiété, le patient ne pourra conduire dans les suites.

Dans les suites de la coronarographie,  il n’est généralement pas réalisé de geste d’angioplastie sauf cas particulier. En effet, il est nécessaire de bien expliquer les enjeux des différents traitements avec le patient mais également avec son cardiologue traitant. Ainsi une prise de décision éclairée avec un délai de réflexion ne peut aboutir dans la précipitation.

Dans le cadre de l’urgence, le patient est hospitalisé dans un service de cardiologie conventionnel ou en unité de soins intensifs (USIC), il ne sort donc pas le jour de l’examen.  La coronarographie est effectuée dans les meilleurs délais.

Dans cette situation, il peut y avoir un traitement immédiat dans la foulée de la coronarographie car l’état de santé du patient le justifie. En effet, certains tableaux cliniques, non traités, peuvent aboutirent à un infarctus du myocarde voir une mort subite.